Mal de dos lié au stress : quand les lombaires en pâtissent

Mal de dos lié au stress : quand les lombaires en pâtissent
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Le stress est l’un des grands facteurs de risque de lombalgies. Pourquoi ? Comment agir sur ce facteur de risque ?

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On connaît bien les effets du stress sur la santé mentale, ou encore cardiovasculaire. Mais l’impact sur le dos peut sembler moins évident. Et pourtant, stress et mal de dos entretiennent des liens étroits, si bien que le stress est reconnu comme l’une des causes majeures de douleurs au dos.

De nombreuses études ont investigué cette relation fréquente, notamment en milieu professionnel. Encore récemment, des chercheurs ont montré que les personnes employées à une tâche stressante, soumise à des contraintes anxiogènes, avaient plus souvent tendance à développer des lombalgies 1 que les autres, indépendamment de la difficulté physique de cette tâche.

Hormones du stress et mal de dos

Mais comment le stress peut-il ainsi s’inviter dans nos lombaires ? A cela plusieurs explications. Les premières sont directes, physiologiques. Face à une situation de stress, l’organisme libère des catécholamines (hormones, dont l’adrénaline fait partie, qui augmentent la fréquence cardiaque, la tension artérielle, la température corporelle…) ainsi que des glucocorticoïdes (hormones qui augmentent la quantité de sucre dans le sang).

Ces hormones se libèrent pour préparer l’organisme à agir face au stress. Mais elles favorisent aussi les tensions musculaires et les états inflammatoires. Or, lorsque la situation stressante se maintient, l’organisme se retrouve saturé de ces hormones et ne parvient plus à s’autoréguler 2.

Des facteurs indirects

Les autres explications sont indirectes mais tout aussi importantes. Le stress est à l’origine d’autres troubles qui peuvent influer sur le dos : troubles du sommeil, fatigue, troubles dépressifs… Autant d’affections « susceptibles d’augmenter la tension musculaire ou d’intervenir sur la chaîne causale entre les contraintes mécaniques du travail et les douleurs rachidiennes », écrivent les chercheurs d’une expertise Inserm 3 consacrée à la question.

Le mal de dos peut donc être le symptôme indirect d’un état de stress général. Mais on peut prendre le problème à l’envers : le stress n’est pas seulement une cause, c’est aussi une conséquence du mal de dos. De fait, les personnes atteintes de lombalgies, notamment chroniques, déclarent souvent une dégradation globale de la qualité de leur vie 4. La douleur, mais aussi le fait de devoir s’absenter au travail, avoir des difficultés à mener ses activités quotidiennes, peuvent constituer des sources de stress et d’anxiété significatives. Lesquelles vont, à leur tour, augmenter les douleurs…   

Briser le cercle vicieux et soulager son mal de dos

La solution ? Ne plus stresser… mais c’est de toute évidence plus facile à dire qu’à faire ! Il convient néanmoins de s’interroger sur les sources du stress pour tenter de l’éliminer. S’il émane d’une situation professionnelle, il peut être intéressant de s’en ouvrir à ses employeurs. De plus en plus d’entreprises prennent très au sérieux la problématique du mal de dos - la lombalgie est responsable d’un arrêt de travail sur cinq5. Engager une réflexion sur les conditions ergonomiques ou psychosociales de l’environnement de travail peut être un moyen d’agir dessus.

En toutes circonstances, que le stress soit d’origine personnelle ou professionnelle, un travail thérapeutique peut s’avérer bénéfique : psychothérapie, méditation pleine conscience, acupuncture… De même, les activités physiques ont des vertus démontrées sur le bien-être psychique6. De la randonnée au yoga, le plus important, c’est de bouger ! Au travail, prendre des pauses régulières pour marcher et « décrocher » permet de vous extraire quelques minutes du stress ambiant. Pensez aussi aux exercices respiratoires pour apprendre à gérer son stress. 

Pour plus d’informations, consultez votre médecin. 

 

1 Prognostic psychosocial factors for disabling low back pain in Japanese hospital workers, Takahiko Yoshimoto & al., PLoS One, 2017. DOI: 10.1371/journal.pone.0177908

2 Lombalgie, facteurs de risque, 2018, Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS)

3 Facteurs de risque psychosociaux des lombalgies, expertise collective de l’Inserm : « Lombalgies en milieu professionnel : quels facteurs de risque et quelle prévention ? », Les Editions Inserm, 2000

4 The impact of 29 chronic conditions on health-related quality of life: a general population survey in Finland using 15D and EQ-5D, Saarni S.I. & al. Quality of Life Research, 2006. DOI : 10.1007/s11136-006-0020-1

5 « Santé travail : enjeux et actions », rapport de l’Assurance Maladie, 2018

6 Dose-response relationship between physical activity and mental health: the Scottish Health Survey, M Hamer & al, British Journal of Sports Medicine, 2008. DOI : dx.doi.org/10.1136/bjsm.2008.046243