La sédentarité, grande ennemie de notre dos

La sédentarité, grande ennemie de notre dos
Body

La sédentarité jouerait un rôle majeur dans l’épidémie de mal de dos qui frappe notre époque. Le fait de rester actif permettrait au contraire de lutter contre la lombalgie.

Temps de lecture
5 minutes
Paragraphes

 « Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement ». En 2017, l’Assurance Maladie a martelé ce message à travers sa campagne contre le mal de dos. En se fondant sur les recommandations médicales, l’instance sanitaire prône l’activité physique pour lutter contre la lombalgie aiguë.

Manque d’activité physique : des muscles dorsaux « fatigués »

En effet, le fait de rester en mouvement réduit significativement le risque de survenue d’épisode douloureux. L’explication est simple. Les muscles dorsaux soutiennent la colonne vertébrale et permettent aux articulations d’être stables. Or, chez les personnes trop sédentaires, l’inactivité peut entraîner un affaiblissement musculaire et ainsi une sollicitation excessive des articulations.

« La plupart du temps, les douleurs du dos proviennent des muscles, ligaments et articulations du dos qui ne sont plus assez habitués à bouger et se « fatiguent » donc rapidement », écrit Santé Publique France1. Au contraire, des muscles mobiles et actifs permettent de mieux soutenir la colonne et d’assurer la mobilité des articulations.

Une cause indirecte des lombalgies

La sédentarité se définit comme le fait de pratiquer moins de 30 minutes d’activités physiques quotidiennes. Elle ne serait pas forcément la cause directe des lombalgies ; si les personnes sédentaires sont plus enclines à souffrir de mal de dos, il s’agirait plutôt là d’une association que d’un effet de causalité2.  

De fait, il existe des associations indirectes qui pourraient expliquer le lien entre sédentarité et lombalgies. Par exemple, sédentarité et exposition prolongée aux écrans sont souvent liées. Or, les utilisateurs sont nombreux à adopter une mauvaise posture face aux écrans, ce qui accroît le risque de lombalgie. Autre facteur de risque indirect : le tabagisme, plus souvent associé au sédentarisme, et dont le rôle dans la survenue des lombalgie est bien connu puisqu’il s’agit d’un facteur de risque de dégénérescence discale3.

« Chaque geste compte pour le dos »

Au contraire, il existe un lien direct entre le fait de pratiquer des activités physiques et la réduction du nombre d’épisodes douloureux. De ce point de vue, toutes les activités sont bonnes à pratiquer ! « Qu’il s’agisse de jardinage, de marche ou de vélo pour aller travailler, préférer les escaliers aux escalators, chaque petit geste compte pour le dos », indique l’Assurance Maladie. Le ménage, par exemple, est un grand classique d’une activité physique peu contraignante (ou en tout cas, inscrite à l’ordre du jour… bon gré mal gré !) et bénéfique pour le dos, pour un peu qu’il soit pratiqué en adoptant la bonne posture.

Les personnes atteintes de maux de dos pensent souvent que le mouvement est à l’origine de leurs douleurs et qu’il est nécessaire de se mettre au repos pour éviter la survenue d’un nouvel épisode. Les données montrent le contraire (en l’absence de pathologie sous-jacente évidemment !). Pour réduire l’appréhension liée à l’activité physique lorsqu’on souffre du dos, certains dispositifs tels que les ceintures lombaires peuvent constituer une aide en accompagnant le mouvement.

Pour plus d’informations, consultez votre médecin

 

1 Prendre soin de mon dos, Santé Publique France
2 Shu-Mei Chen & al., Sedentary lifestyle as a risk factor for low back pain: a systematic review, International Archives of Occupational and Environmental Health, 2009, DOI 10.1007/s00420-009-0410-0
3 Bart N Green & al., Association Between Smoking and Back Pain in a Cross-Section of Adult Americans, Cureus Journal of Medical Science, 2016, doi: 10.7759/cureus.806