Mal de dos : quatre facteurs de risque méconnus

Mal de dos : quatre facteurs de risque méconnus

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Il existe des facteurs de risque du mal de dos rarement évoqués. C’est le cas de l’hérédité, du tabac, de l’alimentation ou des pieds mal chaussés. Explications.

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Le port d’objets lourds et l’inactivité sont bien connus pour être des facteurs de risque du mal de dos. Mais il existe des facteurs méconnus, parfois évoqués comme augmentant le risque de développer une dorsalgie chronique. Au premier rang, l’hérédité. Viennent ensuite le tabagisme, des problèmes de pieds et une alimentation inadaptée…

 La lombalgie : un mal héréditaire ?

C’est ce que semble conclure une étude publiée en février 1999 (1) qui mesurait par IRM l’état de dégénérescence des disques intervertébraux de 172 vrais jumeaux et de 154 faux jumeaux. L’âge moyen des deux groupes était respectivement de 52 et 54 ans. Après ajustement des résultats en fonction de l’âge, du poids, de la taille, de l’activité professionnelle, l’étude a conclu que les problèmes cervicaux et lombaires présentaient bel et bien un caractère héréditaire dans plus de 60 % des cas.

Deux autres études ont été réalisées en 2008 et 2014 par des chercheurs canadiens. La première confronte elle aussi les clichés des lombaires de 152 vrais jumeaux et 148 faux jumeaux, âgés de 35 à 70 ans. La recherche conclut à une part d'hérédité qui varie de 29 à 54 %, suivant la localisation des disques concernés (2). Des résultats inférieurs à ceux d’une seconde étude menée en 2014 qui démontre que le rétrécissement du canal rachidien au niveau des lombaires serait héréditaire à 67 % (3).

Mais s'il y a une part d’hérédité dans la lombalgie, l'origine est souvent autre. Le surpoids représente ainsi un important facteur de risque, tant en modifiant la courbure de la colonne vertébrale qu'en allant de pair avec peu d'exercices physiques.

Surveiller son poids pour éviter le mal de dos

Une étude parue en 2005 dans le International Journal of Obesity conclut qu’un indice de masse corporel (IMC) supérieur à 25 augmenterait le risque de dégénérescence du disque intervertébral, et donc de lombalgie. L’hypothèse la plus souvent évoquée, c’est qu’en cas de surcharge pondérale, les disques intervertébraux se compriment et se déshydratent. Et la colonne vertébrale se fragilise (4). C’est pourquoi il est essentiel d’avoir une bonne alimentation pour garder un IMC normal (entre 18,5 et 24,9) et de pratiquer un exercice physique régulier.

Fumer favoriserait la chronicité

Établir un lien entre nicotine et douleurs du dos : c’est l’objectif poursuivi par une équipe de chercheurs de l’École de Médecine de l’Université de Northwestern. Pour cette étude publiée en 2014, ils ont suivi 160 personnes souffrant de maux de dos depuis 4 à 12 semaines (5). Dans cette recherche, ont aussi été inclues 35 personnes souffrant de maux de dos depuis plus de 5 ans, ainsi que 32 personnes non douloureuses. Toutes ces personnes ont reçu les mêmes traitements durant un an.

Les chercheurs ont découvert que, chez les fumeurs, certaines zones du cerveau liées à la douleur étaient beaucoup plus actives. Ils ont ainsi conclu que le tabagisme était un facteur de risque majeur de chronicité.

En outre, la nicotine aurait des effets négatifs importants sur l’appareil musculo-squelettique et  mènerait à sa fragilisation (5).

Des problèmes de pieds qui remontent jusqu’au dos

Des pieds mal chaussés ou trop creux peuvent être à l’origine du mal de dos. Une déformation, un mauvais positionnement, la moindre anomalie d’appui sur les pieds peuvent remonter le long de la jambe et atteindre le dos, voire le cou.

En évaluant ces problèmes de posture, le podologue ou le posturologue propose une prise en charge adaptée : le port d’une talonnette peut être indiqué dans le cas où une jambe est trop courte. Une semelle orthopédique en matériau absorbant pourra être prescrite pour modifier les appuis et redresser un pied en rotation.

Plus généralement, afin d’éviter le mal de dos, il faudra proscrire les chaussures à hauts talons, trop plates ou trop dures. Et bien évidemment, porter des chaussures à sa taille (6) !