La sciatique

La sciatique

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Souvent déclenchée par un effort, la sciatique est une douleur qui part du bas du dos ou des fesses et court le long d’une ou des deux jambes. Associées à des douleurs lombaires, on parle alors de « lombosciatique ». Qu’est-ce qui provoque cette névralgie ? Existe-t-il des traitements ? Peut-on la prévenir ? Réponses.

Paragraphes

Le nerf sciatique est le plus long et le plus gros nerf de l’organisme. Il provient de plusieurs branches nerveuses situées au niveau des dernières vertèbres lombaires. Il chemine dans la fesse, puis dans la face postérieure de la jambe, pour atteindre l’arrière du genou. Il assure une partie de la sensibilité et de la mobilité du membre inférieur. Quand ses racines se trouvent compressées, des douleurs surviennent : c’est la sciatique ! Elle est souvent causée par une hernie discale, mais l’arthrose lombaire ou un traumatisme peut également en être l’origine (1).

Lombosciatique : des douleurs du dos et des jambes

Dans la majorité des cas, des douleurs lombaires sont associées. C’est ce qu’on appelle la lombosciatique (2). Sa prévalence annuelle serait de 2 % de la population. Les personnes de 40 à 60 ans seraient plus à risque d’en souffrir. Dans 90 % des cas, les douleurs disparaissent spontanément dans les trois mois (3).

En présence d’une sciatique, les douleurs dans le membre inférieur peuvent toucher les cuisses, genoux, mollets, talons, pieds et orteils. Les douleurs sont bien souvent déclenchées par un effort et amplifiées en position assise, lors de toux, d’éternuements ou de rires.

Un engourdissement, une faiblesse musculaire, et des troubles de la sensibilité tels que des fourmillements pourront également survenir dans la jambe ou le pied. Mais même en cas de douleurs, l’aspect de la jambe reste normal : elle ne présente ni changement de couleur, ni gonflement (4).

D’autres formes beaucoup plus rares de sciatiques peuvent entraîner une paralysie partielle de la jambe, ou des troubles des sphincters (2).

La hernie discale : première responsable

La cause la plus fréquemment associée à la lombosciatique est la hernie discale. Elle désigne le déplacement d’une portion d’un disque intervertébral. Ces disques se situent entre chacune des 24 vertèbres de la colonne vertébrale. Ils lui confèrent sa souplesse et servent d’amortisseurs en cas de choc. Si un des disques s’affaiblit, se fissure ou se rompt, une partie de son noyau gélatineux peut le traverser : c’est la hernie discale !

La hernie discale peut faire saillie dans le canal rachidien, et vient compresser et irriter l’une des racines du nerf sciatique. C’est cette irritation qui engendre douleurs et autres complications. On appelle ce phénomène un « conflit disco-radiculaire » (5). Il faut noter que la présence d’une hernie discale n’entraîne pas systématiquement de lombosciatique.

D’autres causes, bien que moins fréquentes, sont associées à l’apparition éventuelle d’une sciatique. C’est le cas de l’arthrose des vertèbres lombaires, de certains traumatismes et fractures, ou du tassement vertébral dû à l’ostéoporose. Une maladie inflammatoire comme la spondylarthrite ankylosante ou une infection d’un élément de la colonne vertébrale pourront également entraîner une sciatique. Beaucoup plus rarement, une tumeur vertébrale ou du canal rachidien en sera responsable (1).

Traitement et prévention

Il convient d’abord d’adopter les bons gestes pour soulager la douleur. Si celle-ci est supportable, il est recommandé de poursuivre ses activités en les adaptant pour éviter les efforts brusques et intenses. Et s’il peut apporter un soulagement temporaire, le repos au lit prolongé est déconseillé. Afin de minimiser la douleur, attention à adopter des positions appropriées : en position allongée, par exemple, surélever les jambes à l’aide d’oreillers peut aider à réduire les douleurs (6).

Si la douleur est extrême, en cas de paralysie, perte de sensibilité, perte de contrôle des sphincters, fuite urinaire, fièvre, difficultés à respirer, vomissements et/ou infection urinaire, il faut consulter un médecin en urgence (4). Après une étude minutieuse de l’état du patient (dans la majorité des cas, l’imagerie n’est pas nécessaire), le médecin pourra prescrire un traitement médicamenteux (antalgique, AINS et myorelaxants) et/ou l’adresser à un kinésithérapeute ou un rhumatologue.

Dans certains cas, la chirurgie pourra s’avérer nécessaire. Pour les sciatiques provoquées par une hernie discale, on soignera celle-ci. La chirurgie est généralement efficace sur la sciatique, mais des complications postopératoires sont possibles et bien souvent des douleurs lombaires persistent. Si la sciatique est provoquée par l’arthrose, d’autres interventions chirurgicales spécifiques pourront être proposées (7).

Afin de prévenir la survenue d’une sciatique, veillez à entretenir une activité physique, et à adopter les bonnes positions et postures dans les gestes de la vie quotidienne (8).

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